Comment la crise du Covid-19 a t-elle bouleversé l’organisation du travail ?

Le monde de l’entreprise et son organisation ont été mis à l’épreuve durant cette période de crise sanitaire mondiale, obligeant les salariés à s’adapter constamment et à improviser un nouvel environnement de travail. Nos habitudes ont été bouleversées ainsi que nos méthodes de travail. Un nouveau modèle est à imaginer, plus résilient face aux défis contemporains et plus en adéquation avec les préoccupations actuelles.

Comment le télétravail s’est imposé comme une nécessité pendant la crise sanitaire ?

Dès l’annonce du confinement généralisé à l’ensemble du territoire français le 17 mars dernier, les entreprises françaises ont dû rapidement réagir et instaurer – dans la mesure du possible – la pratique du télétravail. D’après le ministère du Travail, huit millions de salariés l’exercent désormais, contre 1,8 million en novembre dernier. Ce passage au travail à distance a permis à de nombreux secteurs professionnels de poursuivre leurs activités tout en garantissant la sécurité de leurs travailleurs.
Pendant le confinement, de nombreuses entreprises ont réalisé que certains projets et travaux pouvaient être menés à distance. Les salariés ont gagné en autonomie, en responsabilisation et en flexibilité, aménageant leur emploi du temps avec davantage de liberté.
Cette pratique présente des avantages pour le bien-être des salariés : ils économisent sur le temps de transport pour optimiser le temps dédié au travail, sont – pour certains d’entre eux, plus performants, et se sentent plus libres d’organiser leur journée à leur façon.

Cependant le télétravail à temps plein a ses limites : le manque de sociabilisation peut être vraiment mal vécu par certains salariés, les conditions de travail ne sont pas les mêmes pour tous (obligation de garder ses enfants à la maison, problèmes de connexion à internet dans les endroits reculés, travailler dans un espace restreint avec des nuisances sonores…) et il est parfois difficile de travailler à distance quand la profession nécessite des rencontres physiques et des déplacements. C’est pourquoi cette pratique pourrait se généraliser à condition de l’instaurer en temps partiel ou à hauteur de 1 à 2 jours par semaine.

La digitalisation grandissante de nos rapports sociaux et professionnels

Les entreprises ont digitalisé leurs méthodes de travail et de communication pendant la crise du Covid-19 :  solutions cloud, partage des documents, conférences vidéo, sécurité de l’information, accès des outils à distance… Les outils numériques ont investi notre quotidien et transformé nos rapports humains. Depuis le confinement, les webinars, les conférences en ligne, les cours en ligne, les réunions sur Zoom ou Skype se sont multipliées. Comme les évènements physiques ne pouvaient plus avoir lieu, les rencontres virtuelles sont devenues chose courante.

D’ailleurs, la transformation digitale est devenue une priorité pour les entreprises, voire même une question de survie dans ces climats économiques complexes. La digitalisation des outils et des méthodes de travail permet de s’adapter à la concurrence mais aussi de s’en différencier. Par exemple, la création de sites e-commerce a permis de sauver certains commerces de la crise car ils ont pu écouler une partie de leur stock et leurs invendus en ligne. Souvent, le commerce et le site internet associé deviennent complémentaires pour la survie d’une entreprise. Cette crise a donc profondément bouleversé et renouvelé notre rapport au digital, outil désormais indispensable pour entretenir nos relations sociales et professionnelles.

L’espace de coworking : une tendance récente qui a prouvé son efficacité

La petite histoire du coworking

Même si le terme « coworking » est récent (1999), son histoire remonte, quant à elle, à la Renaissance où des artistes italiens du Quattrocento ont fait de leurs ateliers les premiers lieux de travail collaboratifs pour entrepreneurs. Des figures emblématiques comme Léonard de Vinci ou Sandro Botticelli auraient expérimenté ces lieux d’échanges permanents ouvrant la voie aux débats et talents pluriels.
Au XXIème siècle, des artistes français tels que Picasso ou Chagall se retrouvaient dans des espaces collaboratifs (Bateau Lavoir à Montmartre et La Ruche de Montparnasse) pour travailler seul ou collectivement dans des lieux inspirants favorisant leur créativité et leur permettant d’entretenir voire d’élargir leur réseau.
Un peu plus tard, en 1995, le premier espace de coworking contemporain ouvre ses portes à Berlin : le hackerspace C-Base. Cette association rassemble des informaticiens expérimentés qui échangent sur leur savoir-faire en termes de software et autres logiciels.
A Vienne, est inaugurée en 2002 la Schraubenfabrik, un espace communautaire d’entreprises sous forme de fablab.
En 2005, la Silicon Valley s’empare du phénomène grâce à Brad Neuberg, qui va créer le premier réel espace de coworking (bureau partagé, wifi, salle de repos…), reconnu comme
tel dans le monde.
Il faut attendre 2008 avant de voir cette tendance s’installer en France. La Cantine (aujourd’hui appelée « Numa ») ouvre à Paris et devient le premier coworking français. La même année, des dizaines d’espaces similaires fleurissent un peu partout en France.
D’abord dédiés aux travailleurs indépendants, les start-up et même certaines entreprises font désormais le choix du coworking pour moderniser leur image. Aujourd’hui, on compte plus de 1700 espaces de coworking en France.

Les espaces de coworking à l’épreuve du covid

Ils se sont multipliés ces dernières années mais sont aujourd’hui en grande difficulté. A cause de la crise sanitaire liée au Covid-19, 1 espace de coworking sur 5 pourrait fermer ses portes. Le problème majeur a été de supporter des charges immobilières très élevées : nombreux de ces tiers-lieux n’ont pas pu reporter ou annuler leur loyer. Ajouté à cela un manque à gagner énorme puisque seulement 5 à 10% de leur activité a été réalisée durant le confinement. En effet, les espaces de coworking ont vu leur fréquentation et leur chiffre d’affaires diminuer drastiquement les premières semaines du confinement.

Des mesures sanitaires ont été instaurées au sein de ces espaces de travail : postes de travail mis à distance, marquage au sol, gel hydro-alcoolique mis à disposition, lingettes, désinfection régulière des bureaux. Mais ces nouvelles règles d’hygiène collectives et la distance physique ne facilitent pas les moments de cocréation et de cohésion entre
coworkers.
L’activité reprend malgré tout petit à petit : certaines grandes entreprises privilégient le télétravail et permettent à leurs salariés d’avoir accès à ces espaces de coworking.

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Organiser le monde d’après

Dans ce contexte post-covid, les entreprises doivent repenser leur organisation. Adapter les lieux et les pratiques pour permettre une reprise de l’activité, c’est désormais l’enjeu pour les espaces de coworking. Leur mission principale est de (re)donner envie aux utilisateurs de revenir travailler dans les locaux, malgré le risque de contamination. Responsabilité et communication seront les maîtres-mots de cette stratégie.
Depuis le déconfinement, ces espaces de travail représentent une solution séduisante pour les télétravailleurs insatisfaits de leurs conditions de travail (manque de tranquillité, mauvaise connexion internet, difficultés pour se concentrer, envie de sociabiliser…). Ils ont aussi l’avantage de constituer une surface supplémentaire à mettre à disposition aux entreprises dont la capacité d’accueil se voit limitée par les mesures de distanciation sociale.
Imaginé comme une alternative au domicile, ce tiers-lieu permet de renouer avec une ambiance de bureau dans des espaces dédiés, partagés par plusieurs entreprises, plus proches de son chez soi, permettant d’éviter des heures de trajet.

Le modèle du coworking en tant que tel n’est donc pas remis en question par la crise du coronavirus, au contraire, car il s’adapte à la conjoncture et aux nouveaux besoins d’aménagement d’espace.
N’oublions pas que le coworking est né de la crise de 2008 en France, il s’agit donc d’un modèle flexible, sans engagement, peu onéreux et parfaitement adapté aux besoins contemporains d’ergonomie, d’espace et de flexibilité du monde de l’entreprise. Les acteurs et les espaces de coworking sauront s’adapter et se réinventer.

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